| Das
Tagesbuch einer Verloren 1929 |
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"Aucune
autre actrice, peut-être, qu'Hanna Schygulla, n'a mieux
compris, senti, répercuté sous les sunlights,
cette autre lumière, captée, volée par
Louise Brooks à la première femme d'Adam, Pandora.
Et Louise Brooks caresse Hanna.
Et Hanna brûle pour nous."
J.G.
photo
Anne Selders
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Texte
de Freddy Buache,
fondateur de la cinémathèque de Lausanne :
Après Loulou qui, pour des admirateurs peu nombreux à l'époque
fit connaître le merveilleux "miracle Louise Brooks", Pabst
prolongea son élan créateur, de type foncièrement anarchiste,
en vue d'une libération psychique, donc plus nettement politique
et sexuelle , de son personnage principal dans Le journal d'une fille
perdue. Mieux encore que dans le titre précédent , pour
ne pas vexer de front autorités et producteurs, il choisit un scénario
d'allure mélodramatiqque ( adolescente séduite par plus âgée
qu'elle, père indigne, mort du bébé, suicide, maison
des plaisirs tarifés, noce avec un vieil aristocrate, etc..) qu'il
va retourner en son contraire ( une bataille contre les moralismes rassurants)
par la mise en scène et l'ambiguïté cristaline en diamant
noir de son actrice. Avec une lucidité déflagrante, il analyse
les comportements d'une famille bourgeoise, lovée sous l'ostensible
monotonie que vivent des commerçants autour de secrets intimes révelés
d'un geste ou par d'affreuses réalités qui, brusquement, émergent
au quotidien (...)
Tourné voici soixante-dix ans, le journal d'une fille perdue constitue
à tous égards, par le style de son cri, l'une des grandes
fresques non point du siècle ancien mais du nouveau. (...)
Il n'est pas indifférent que la projection, en ce début de
millénaire, soit accompagnée de la présence et de la
voix d'Hanna Schygulla qui, montant des chefs-d'oeuvre de Fassbinder liés
au Troisième Reich vaincu revient jusqu'à nous à travers
l'une des innoubliables hantises de la problématique sociale déssinée
au couteau pendant la République de Weimar.
Freddy
Buache
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Le
film fut la proie d'une censure officielle,
une fin maquillée imposée à Pabst.
C'est une version reconstituée que nous vous proposons.
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N'ayons
pas peur des mots.
Nous sommes en face d'un chef d'œuvre.
Rarement la beauté cinématographique n'aura été aussi près de l'efficacité
du langage. Dans un tout d'une cohérence absolue, l'art de Pabst harmonise
la photogénie des visages, la fluidité du montage, la présence significative
des décors, le rôle des objets, la justesse des éclairages et la position
privilégiée de la caméra...
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Un
hymne à la liberté sexuelle, flétrissant l'hypocrisie
d'une société corrompue.
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Le
Journal d'une fille perdue a toutes les apparences d'un
mélodrame.. toutefois, nous sommes fort loin des codes de narration
du genre. Nous en sommes même à l'opposé, et des historiens du cinéma
comme Raymond Borde et Freddy Buache parlaient d'un
" anti-mélo " ( dans " cinéma réaliste allemand "). Pabst
refuse constamment les interprétations tranchées et plonge les rapports
entre les personnages dans une ambiguïté fondamentale. c'est son
immoralisme qui transforme le Journal d'une fille perdue en
anti-mélo.
Cette peinture d'une classe corrompue par la morale chrétienne
et les valeurs de l'argent s'achève par un sacrifice de taille:
Thymiane, après la mort de son père, offre l'argent de son héritage
à Sa petite sœur. Le plus naturellement du monde. Tout comme elle
avait accepté le rendez-vous du commis libidineux, comme elle avait
accepté d'être l'enjeu de la loterie, comme elle enfilera les vêtements
de dame patronnesse pour mieux séduire la charité chrétienne de
l'intérieur.
Pabst fait le grand ménage. Il place dans la même poubelle
l'argent, le pêché, le bien, le mal, la morale, la justice. De ce
grand naufrage des valeurs, il ne sauve que l'amour.
Il fallait beaucoup de génie pour faire passer un tel message antipuritain
et antibourgeois. En ce sens, en plus de ses indéniables dons de
cinéaste, Pabst a été servi par l'extraordinaire photogénie
de Louise Brooks, actrice d'exception, dont la seule présence exprime,
selon un mot de Lotte H.Eisner, "l'essence de l'œuvre d'art
".
Raymond
Lefèvre dans la Revue du cinéma
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Scénario
: Rudolph
Léon
D'après le roman de Margarethe Boehme
Assistants réalisateurs
Marc Sorkin/Paul Falkenberg
Photo : Sepp Aligeiter
Décors : Ernö Metzner/Emil Hasler
AVEC
Louise
Brooks
Thymiane
Joseph
Rovensky
Hennihng
Vera
Pawlowa
Tante Frida
Fritz
Rasp
Meiner
Amold
Korif
Comte Osdorff
Réalisation
:
G.W.PABST
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Georg
WiIhem Pabst
Réalisateur allemand ( 1895/
1967)
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Après
1925, il apporta au cinéma allemand un sang nouveau. On put ainsi
le rattacher à la nouvelle objectivité, courant auquel appartient
B. Brecht. Il s'imposa par "La rue sans joie",
puis, "Loulou", "Journal d'une fille perdue"
et "Un amour de Jeanne Ney", hymnes à la fascinante beauté
de Louise Brooks. " Ne pose t'elle pas assez de problèmes
érotiques et sociaux, disait-il en 1930, pour que nous y trouvions
la matière nécessaire à tous nos films? Mais le goût du public a
été corrompu par les banalités des scénarios américains. Et la censure
se charge d'éviter toutes les préoccupations intellectuelles...
"
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Louise
Brooks
A une époque
ou tant d'énergie est consacrée à perpétuer la
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vision
éphémère de ces stars ( Femmes-objets, hommes-objets) livrées à
l'appétit oculaire des
foules, fantômes
vêtus de lumière empruntée, il nous parait important de pouvoir
rendre hommage à l'une des seules actrices de l'Histoire du Cinéma
qui se soit toujours insurgée, de toute l'altitude de Sa beauté,
contre cette forme nouvelle d'idolâtrie.Il y aurait beaucoup à écrire
sur le destin de cette femme étonnante, fille spirituelle de Lou
Andréas Salomé, d'une indépendance et d'une intelligence - pour
ne point parler de Sa beauté-hors du commun.
Louise Brooks n'a pas beaucoup tourné. Trop lucide et trop
indépendante sans doute pour jouer le jeu. " Louise Brooks,
femme-liseron, monte à l'assaut des statues, elle disjoint les pierres
du temple, s'enroule autour des colonnes et s'épanouit au fronton,
proclamant par sa seule pureté dévorante la victoire de l'innocence
et de l'amour fou sur la sagesse débilitante imposée à la société
par les Eglises, les Patries, les Familles ", nous dit d'elle
Freddy Buache.
Dans
Journal d'une fille perdue, à la fois perverse, enfantine,
naïve, enjouée, immorale, écolière canaille et femme fatale, Louise
Brooks emplit l'écran de Sa présence magique et fait souffler sur
les films de Pabst un érotisme de feu.
C'est un hommage à l'actrice, mais aussi à la femme Louise Brooks,
que nous rendons à travers cette création cinéma concert Journal
dune fille perdue.
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